Description
L’intérêt de l’artiste pour la dentelle tient autant de la matière elle-même que de son histoire et de ses conditions de production. En Normandie, le point d’Alençon retient son attention mais c’est avant tout la manière dont le travail exclusivement féminin est structuré qui l’intéresse, au travers de groupes en extérieur quand le temps le permet ou dans la sphère domestique en cherchant le plus de lumière possible. Ce modèle se retrouve dans différentes régions sans que l’on ne puisse pour autant observer la naissance d’une corporation, d’un mouvement syndical. L’artiste s’appuie
sur les recherches de David Hopkins qui analyse l’ambivalence de leurs outils brandis fièrement comme les moyens de subvenir à ses besoins dans des parades tout en étant présentés au travers des chansons et témoignages comme des outils de torture. De fait, l’artiste regarde particulièrement les archives et les déformations corporelles qui ont été enregistrés par les radios et les photos, épaules rentrées, poitrine creusée, dos courbés à force d’heures passées assises à l’ouvrage et mains tordues par l’usage, la répétition des mêmes gestes et le travail du fil mouillé qui abîme les doigts. Texte : Henri Guette (extrait)
