Les œuvres en détail


De Tessy-Bocage à Condé-sur-Vire, suivez le parcours Art et nature

Amancio Gonzalez
Leyendo al rio


Cette sculpture aérienne réalisée en fer à béton prend vie sur son socle de granit. L’artiste a choisi le site de la Grotte du Diable pour ses éléments historiques. Lors de son passage à Tessy-Bocage, il découvre qu’un juge de paix du XIXe siècle a fait construire ce lieu pour se recueillir dans la lecture. A la fois lourde et légère, cette œuvre interroge le rapport aux responsabilités et le besoin d’évasion. On peut également y voir un certain hommage à Amédée Duval-Duperron qui a pris l’initiative de construire son propre lieu de villégiature. Cette œuvre créée in situ nous appelle à lire au bord de la Vire, comme source de calme en pleine nature mais aussi d’inspiration et de prise de hauteur sur les impératifs de la vie quotidienne. Amancio Gonzalez nous invite donc à trouver notre propre lieu de recueillement et à nous ouvrir à la sérénité de la nature.
Plus d’informations :
La Revue (4e édition, 2018) pages 10 et 11

Xavier Gonzalez
Instrusion/Extrusion

Constituée d’un entrelacs de lattes de jeune peuplier, cette œuvre s’insinue et se déploie entre les branchages d’un duo d’arbre. Dans cette création in situ de 2016, Xavier Gonzalez a travaillé à l’instinct, laissant le bois manufacturé prendre sa forme pour épouser les arbres. Il cherche ici à laisser la nature s’exprimer en prenant soin de ne pas étirer les lattes.
La conversation qu’engage cette « créature » avec le lieu vient apaiser les tensions énergétiques entre la Vire, les arbres et la chapelle. Telle une forme parasite, cette œuvre peut être vue comme un point d’acupuncture qui détend un corps ou plutôt un lien entre ces trois éléments.
Par ailleurs, les termes « intrusion » et « extrusion » désignent des phénomènes géologiques (déplacements de roches magmatiques). On peut donc supposer que des forces naturelles se déplacent du sol, ou le cas échéant de la Vire pour rencontrer d’autres formes naturelles. Ce déplacement libre et naturel s’oppose à la main de l’homme et rejoint ainsi le propos essentiel de l’artiste : laisser faire la nature.
Plus d’informations :
La Revue (3e édition, 2016) pages 16 et 17
La Revue (4e édition, 2018) page 22


Renate Verbrugge

Vertical Bridge

Travaillée dans un unique bloc de granit de Saint-Michel-de-Montjoie (50), l’œuvre de Renate Verbrugge apparaît comme un totem, un monument à la gloire de la rencontre entre les cultures. Elle fait face à un méandre de la Vire, visible de loin grâce à un champ dégagé.
5 triangles pour 5 continents, interconnectés et solidaires entre eux. Les faces de chaque triangle ont été laissées brut ou polie, comme pour rappeler les diversités culturelles. En tournant autour de la pièce on aperçoit d’autres formes, la sculpture change, elle n’est pas figée.
Le nom de l’œuvre suscite déjà la rencontre : « Vertical Bridge » ou « Pont vertical ». Comme le passage d’une rive à l’autre, ou le franchissement d’une frontière pour aller à la rencontre de l’autre nous offrant une prise de hauteur sur nos propres cultures.
Dans sa vie d’artiste Renate Verbrugge a eu l’occasion de voyager maintes fois lors de symposiums, des rencontres d’artistes sculpteurs en création. Sans doute cette œuvre est le fruit de multiples inspirations de l’artiste, mais on peut se douter qu’avec « Vertical Bridge » elle tient à affirmer et renvoyer un message universel d’harmonie et de paix.
Plus d’informations
La Revue (4e édition, 2018) pages 12 et 13

Liliya Pobornikova
Flower

Liliya Pobornikova nous surprend avec cette structure faîte de deux troncs de sapin de Douglas (forêt de Saint-Sauveur). On se questionne sur l’origine de cette Fleur. Une nouvelle espèce végétale est née au bord de la Vire, entrant en communion avec la faune et la flore de son environnement.
En observant les orifices de la pièce, on aperçoit que le corps de l’arbre a été taillé à la scie et au burin. Ce corps prend vie. Certains l’interprètent comme la chair de la fleur et d’autres visiteurs affirment y voir une créature enfermée dans une cage, cherchant à se libérer.
Fleur carnivore, croisement d’espèces ou encore cocon d’une espèce en naissance, les interprétations sont multiples, mais l’œuvre de Liliya Pobornikova rentre en harmonie avec son environnement, puisant de ses énergies pour en exalter une nouvelle création de la nature.
Plus d’informations:
La Revue (4e édition, 2018) pages 14 et 15

Juan-Miguel Cubas
Metamorfosis

Visible au loin grâce aux méandres de la Vire, on aperçoit l’envol de cette sculpture. Surplombant la Vire dans un état de grâce, l’œuvre Metamorfosis de Juan-Miguel Cubas fige un moment de transformation d’une nouvelle créature, mi-homme, mi-libellule. Les morceaux d’acier corten volontairement décollés de la structure générale ajoutent forment l’éclosion d’une chrysalide.
Juan-Miguel Cubas a décidé de réaliser des ailes de libellule pour rappeler aux passants d’observer les libellules. Mais au-delà de ce constat, il nous rappelle également les transformations profondes que subissent les différentes espèces bordant la Vire : batraciens, insectes, végétaux etc. La nature veut que nous nous mouvions et que nous mutions. Ainsi l’artiste renvoie aux questionnements de nos propres inerties et nous invitent à écouter nos parts de transformations naturelles, indépendantes de tout raisonnement psychologique ou social.
Plus d’informations :
La Revue (4e édition, 2018) pages 16 et 17

Nicolas Desverronnières
Groupelec 3000

S’appropriant un groupe électrogène fait des matériaux biodégradables, l’artiste détourne l’utilisation de l’objet dans un lieu apparemment non propice. Cette œuvre fonctionne avec nos propres regards. Les lampadaires ont un sens si on décide de les interpréter. Avec un humour très sérieux, l’artiste crée une situation absurde et pourtant inquiétante. Ainsi la question soulevée est celle de notre consommation énergétique par rapport à nos besoins.
Plus d’informations :
La Revue (4e édition, 2018) pages 18 et 19

Sylvaine et Arnaud de la Sablière
Ego

Cette pièce, construite à partir de morceaux de bois recyclés ou récupérés, représentant un piédestal cherche une statue à son sommet. Pourtant l’inscription Ego nous interpelle. Aucune figure historique ne viendra se poser à son sommet. Il s’agit pour les artistes de proposer un abri personnel dans notre société où l’image que l’on donne à voir devient plus importante que notre propre vie. La construction à partir de matériaux différents renvoie à ce qui constitue un être humain : son influence familiale, son origine etc. Ce sont nos influences extérieures qui soutiennent l’image que nous montrons, au sommet de notre piédestal. Or, pour les artistes, il s’agit ici de s’abriter à l’intérieur de notre propre construction, paisible et serein – d’où le choix d’une peinture blanche. Ainsi nous pouvons observer à l’extérieur, ici observer la Vire pour ce qu’elle peut nous inspirer.
Plus d’informations :
La Revue (2de édition, 2014), pages 32 et 33
La Revue (4e édition, 2018), page 23



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